2 - Visite de l'église

On pénètre par un tambour dans la nef latérale (réédifiée en 1632/1633 à l'emplacement de l'église primitive).
Sur le côté droit, baptistère avec fonts baptismaux offerts en  1875 par Mlle Hilaire et un monument en marbre offert en 1876 par le précédent Curé, François Lion. Les décorations du baptistère sont vraisemblablement  de la main de ce prêtre. Statue de Saint Antoine de Padoue (1898)  sur le pilier dont on notera qu'il est légèrement de biais (voir épaisseur du plâtre de compensation) pour une raison inconnue.
Autel de Saint Joseph (statue de 1913). Décorations murales peintes par le Curé Beissière en 1904. On remarquera, au-dessus de l'autel, dans le mur, une découpe rectangulaire qui permettait au Curé de veiller sur son église à partir d'un oratoire situé au premier étage du presbytère. A la voûte, pierre portant l'inscription "1633", date de fin de la reconstruction de l’église. Statue de Saint Roch (1897), à l'emplacement de la chaire de l'ancienne église, puis confessionnal (1876) suivi d'une porte ouvrant sur la sacristie, aménagée en 1894 à la place de l'ancienne chapelle de Saint Joseph (1670) par l'édification d'une cloison fermant l'arcade.

Beau meuble de sacristie (1863) dont la partie gauche dissimule une niche ménagée dans le mur et portant l'inscription latine: "OLEA SACRA" D'après l'Abbé Paulet (voir 10 ), il s'agirait d'une pierre du Xème  siècle "destinée à indiquer le lieu où l'on renfermait les Saintes Huiles, quand les fonts baptismaux étaient dans cette chapelle". La restauration de la sacristie en septembre 2000 a permis de découvrir, dans le mur du fond, le logement dans lequel on a installé une statue de Saint Éloi trop grande pour l’église. Ce logement correspond à une fenêtre de l’ancienne chapelle de Saint Joseph, bouchée en 1742 lors de la construction de la seconde partie du presbytère.
Dans la sacristie ont été installées en 2004 et 2005, deux vitrines contenant le « trésor » de l’église : calices, ciboires, patènes, ostensoirs, chasubles, thabors, tous objets du XIXème  siècle.
A l'extrémité de  cette nef, chapelle de la Sainte Vierge avec, au-dessus de l'autel, une statue de Notre Dame du Sacré Cœur (1873) et, à droite, sur une console, une statue de Sainte Jeanne d'Arc, souvenir de Mlle Marie Martin, doyenne du Paradou, (1899-1995), catéchiste et organiste de la paroisse pendant plus de 50 ans. Les anges peints au fond de l'abside par Georges Ratyé en 1895, ont été refaits en 1997 par des étudiants en restauration. Les vitraux de cette chapelle ont été restaurés en 2002 par les soins de la municipalité du Paradou.

L'abside est ornée de deux très beaux tableaux. A gauche, une " Annonciation " (restaurée en 2002 grâce à une subvention du diocèse), copie d'une œuvre de Pierre Parrocel (1670-1739), dont l'original (1700) se trouve dans la sacristie de Notre Dame des Doms en Avignon. Cette toile, signée d’un peintre avignonnais nommé Michon est datée de 1756. Elle a été offerte par Monsieur Georges Ratyé (voir 11) qui est, vraisemblablement, l’auteur des armes de la famille Ratyé, en bas à droite du tableau.

Georges Ratyé est l’auteur du tableau de droite, la « Vierge de la Délivrance », copie, réalisée en 1888, d’une œuvre d’Ernest Hébert. Né à Grenoble où il prit ses premières leçons de peinture dés l’âge de 10 ans, son père souhaitait qu’il devienne avocat et l’envoya en 1834 à Paris étudier le droit. En même temps il suivit les cours de peinture de David d’Angers et de Paul Delaroche et, en 1836, entra à l’École des Beaux-Arts. En 1839, il fut, à la fois, reçu à ses examens de droit et obtint le Prix de Rome de peinture ce qui incita son père à accepter qu’il fasse une carrière d’artiste.

Arrivé à Rome en 1840, il reçut les conseils d’Ingres, alors Directeur de la Villa Médicis, en même temps qu’il fréquentait son cousin, Stendhal, consul de France à Civitavecchia ainsi que le compositeur Charles Gounod.
De ce premier séjour en Italie, Hébert retint la lumière de la campagne romaine et l’alanguissement mélancolique des visages de femme que l’on retrouve dans toute son œuvre, avec l’influence du clair-obscur de Rembrandt. De retour en France, il connut une carrière brillante, ce qui en fit un des peintres officiels du Second Empire. Napoléon III le nomma en 1867, Directeur de la Villa Médicis où il resta jusqu’en 1873 et où il retourna de 1885 à 1890.
Alors qu’il était à Rome et que la guerre de 1870 sévissait, Hébert fit le vœu de dédier un tableau à la Vierge si les Prussiens n’envahissaient pas son pays natal, le Dauphiné. Sa demande ayant été exaucée, il peignit en 1872, cette « Vierge de la Délivrance » qu’il offrit en 1874 à l’église Saint Ferjus, dans son village natal de La Tronche. Une chapelle de cette église est dédiée à ce tableau où chacun peut l’admirer.
Une grande partie de son œuvre est conservée aux musées Hébert de Paris et de La Tronche (Grenoble).

Sur les côtés de l'arc, statues, à droite, de Notre Dame de la Salette,  et à gauche de Notre Dame de Lourdes, toutes deux de 1873.
On revient en arrière. Sur le pilier de droite, bannière de procession (Ste Vierge, 1883), puis banc sculpté de la famille Ratyé (voir 11), statue du Saint Curé d'Ars, sur le pilier, bannière de procession (St Joseph, 1883), statue  de Saint François d'Assise (1886) et de Saint Véran, patron des bergers, cette dernière offerte en 1886 par les bergers du Paradou "en remplacement d'une statue en bois doré d'un goût douteux" (sic!). Au-dessous, ancien bénitier  en marbre supporté par une colonne de pierre mise en place en 1997. En face, statue de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1927).     

Au-dessus de la grande porte, grand Christ de 1898. Ce Christ était primitivement installé sur le dernier pilier à droite dans la grande nef mais avait été brisé lors de l’installation du chauffage et gisait sur le sol du grenier. Il a été restauré en 1997.

On parcourt ensuite la nef centrale,  construite d’avril 1893 à août 1894 après une souscription publique (voir 4), sur les plans de l'architecte Auguste Véran, inspecteur des monuments historiques d'Arles. Sur la gauche, monument à Saint Martin de Tours offert en 1886 par l’ancien Curé François Lion, puis  plaque commémorative des Paradounais morts pour la France (1923). Statue de Sainte Anne (1887). Les peintures des chapelles de Saint Martin et de Sainte Anne sont de M. Georges Ratyé, assisté du Curé Beissière (1904).

 


Harmonium acheté d'occasion en 1883 au cercle catholique de Saint Geniès d'Arles, toujours en service! Au-dessus de l'harmonium, peinture murale de la Sainte Famille par M. Georges Ratyé. On notera que Saint Joseph est seulement dessiné, quant à l’Enfant Jésus, le peintre avait pris pour modèle une jeune fille du village, Madeleine Verpian, qui ayant épousé Charles Bellin, était la mère d’Henri Bellin, conseiller municipal de 1983 à 1995.


L'autel principal a été installé par le Curé François Lion la semaine de Noël 1859. Réalisé par M.Ducroit, marbrier-sculpteur en Avignon, il occupait alors la place de l’actuel autel de la Sainte Vierge.

L’autel porte, en lettres d’or, la mention : "AUTEL PRIVILÉGIÉ " qui  signifie que les messes dites à cet autel valaient indulgence pour les âmes du purgatoire. Ce privilège accordé le 15 septembre 1877 par Monseigneur Forcade, archevêque d'Aix, Arles et Embrun, était valable 7 ans et n'a pas été renouvelé. Cet autel a une histoire: le Curé Lion l’avait commandé pour une nouvelle église qu'il espérait voir construire au centre du village mais qui n'a jamais vu le jour…L'autel a donc attendu 35 ans (jusqu’en 1894) un sanctuaire à sa taille!

Sur le retable, deux anges porte-reliques de 1884, à gauche, relique de Sainte Claire, martyre, à droite, de Saint Célestin, martyr. Le sanctuaire est garni de stalles exécutées en 1896 sur les plans d’Auguste Véran. Les vitraux, réalisés dans l'atelier de  M. André peintre-verrier à Aix en Provence, ont été offerts en 1894, par Mlle Maria Boyer, supérieure perpétuelle de la congrégation du tiers-ordre de la pénitence.

 

De part et d'autre du chœur, deux grandes toiles collées, dues à M. Georges Ratyé, représentent des épisodes de la vie du Saint Patron de la paroisse.

A gauche, miracle de l'arbre (1896) : vers 390, Martin, devenu évêque de Tours, évangélisait son diocèse en commençant par mettre à bas les temples païens. Mais dans un certain village, après la destruction du temple, les habitants s'opposèrent à ce que l'on coupât un pin sacré, témoignage du culte de la déesse Cybèle. Martin insistant, ils lui dirent que s'il avait vraiment confiance dans ce Dieu qu'il leur prêchait, ils voulaient bien couper l'arbre, à condition qu'il se place à l'endroit où l'arbre allait tomber et Dieu le protégerait. Ce qui fut fait. Au moment où l'arbre s'abattait sur Martin, celui-ci esquissa un signe de croix vers le tronc qui se redressa et tomba de l'autre côté. Devant ce miracle, les villageois se convertirent et demandèrent l'imposition des mains, rite préparatoire au catéchuménat. Renouvelant une très ancienne tradition, l'artiste s'est représenté dans le personnage barbu à l'extrême droite du tableau.
A droite, Saint Martin partage son manteau avec un pauvre (1894). Certains s'étonnent qu'il n'ait pas poussé la générosité jusqu'à offrir la totalité du  manteau. Mais Martin était centurion dans l'armée romaine et les officiers romains achetaient la moitié de leur équipement, l’autre étant fournie par l’armée. Martin n’a donc pu donner que ce qui était sa propriété.

Par rapport à la situation de 1894, l'église n'a subi que peu de modifications:

  • suppression du banc des fabriciens ( réalisé en 1829) anciennement situé dans la partie droite de la nef centrale, à hauteur de l'arche centrale. Les « fabriciens » étaient les membres du « Conseil de fabrique » qui aidait le Curé dans la gestion de la Paroisse (aujourd’hui Conseil économique).
  • dépose en 1968 de la chaire (acquise en 1854) dont on aperçoit les traces sur le    pilier entre Sainte Anne et l'harmonium.
  • dépose en 1970 des grilles de communion  à l'occasion de l'installation de l'autel avancé.Ces pièces ont malheureusement disparu.
  • déplacement des grilles qui fermaient, depuis 1874, l'accès au baptistère et présentaient une gêne et même un danger lors des baptêmes. Ces grilles ont été  réinstallées en 1999 contre la paroi du fond de l'église.
  • installation de l'électricité en 1922.
  • installation du chauffage au gaz en 1992.