7 - Les cimetières

A l'origine, le cimetière était disposé le long du coté sud de l'église, la porte d'entrée se situant sur le même plan que la façade de celle-ci. C'est en 1660 qu'il reçut une belle croix en pierre (voir 8-1). Ce cimetière fut réduit en 1670 par la construction de la chapelle Saint Joseph et de la première partie du presbytère.
En 1702, le cimetière fut reconnu insuffisant et un nouveau fut béni le 16 avril à l'est de l'église, sur l'emplacement actuel du restaurant "La petite France".
En 1749, le 2 mars, bénédiction d'une extension importante  le long de la partie nord de l'église (actuel jardin public).
En 1873, le 29 juin, bénédiction du cimetière actuel. La construction du mur de clôture fut soumise à adjudication, remportée par le père de Charloun Rieu qui avait été persuadé par son fils de soumissionner alors qu'ils n'étaient nullement maçons. Mais Charloun voulait avoir ainsi la possibilité d'imprimer sur le nouveau cimetière la marque du poète! Il construisit donc le mur avec son père et composa le quatrain suivant :

 


 Frédéric  Mistral raconte que, s'étant rendu au cimetière avec Charloun, celui-ci s'écria:
"Ainsi dans cent ans, dans cinq cents, peut-être dix mille, ceux qui liront ces pierres sauront qu'au Paradou nous parlions provençal". Et Mistral de répondre: "Honneur à toi, ô paysan qui honores ta langue!"
Ce quatrain est désormais gravé sur une plaque de marbre apposée sur le piédestal de la croix du cimetière (voir 8-1). Frédéric Mistral en a publié une version modifiée par ses soins :

Aqui lou viage se termino
Vuei es per iéu, deman per tu
Urous aquéu que ié camino
Dins lou draiòu de la vertu 
Ici s'achève le voyage
Aujourd'hui pour moi et pour toi demain.
Heureux celui qui chemina
Dans le sentier de la vertu.
(Traduction Marie Mauron)  

On ne dispose d’aucune information sur un éventuel cimetière dédié aux protestants, présents à Saint Martin de Castillon depuis 1550 environ jusqu’à l’abjuration « définitive » du 16 octobre 1685. Il est probable, comme ce fut souvent le cas, que la plupart furent enterrés dans leurs propriétés.