13 - Jean Baptiste FAURE de l’Opéra ! (1830-1914)

Dans la liste des souscripteurs (voir 4) qui financèrent la construction de la grande nef de l’église du Paradou à la fin du XIXème siècle, on trouve la mention manuscrite:

Faure de l’Opéra       Paris        50 francs

Qui était ce Faure et que venait-il faire au Paradou ?
                                                    
Jean Baptiste Faure était le plus célèbre baryton de son temps, applaudi sur toutes les grandes scènes d’Europe. Il fut notamment le créateur à Paris des rôles de Rodrigue (Marquis de Posa) du Don Carlos de Verdi (11/3/1867) et d’Hamlet (9/3/1868) dans l’opéra éponyme d’Ambroise Thomas. Il se retira de la scène en 1876, après 25 ans de succès, tout en continuant à donner des récitals.

Amateur d’art éclairé et gestionnaire avisé, il spéculait sur le talent des jeunes peintres
Ami d’Édouard Manet mais aussi de Monet, Sisley, Pissarro et Degas, il fut un des grands collectionneurs des impressionnistes. De nombreux chefs d’œuvre, aujourd’hui dispersés dans les plus grands musées, ont eu Jean Baptiste Faure comme premier propriétaire, tels Le Fifre  et  Le Déjeuner sur l’herbe  de Manet (Musée d’Orsay, Paris), Examen de danse de Degas (Metropolitan Museum, New York), Boulevard des Capucines de Monet (Musée Pouchkine, Moscou), Coteaux de l’Hermitage ; Pontoise dePissarro (Musée Guggenheim, New York).
 

Portrait de Jean Baptiste Faure par Édouard Manet (1883).
Actuellement au Metropolitan  Museum   de New York  (www.metmuseum.org) après avoir appartenu à Sacha Guitry.

Jean Baptiste Faure, dont le père avait été chantre à Notre Dame de Paris, était un homme pieux. Il mit en musique plusieurs poèmes d’inspiration religieuse, notamment le « Crucifix » de Victor Hugo et rendit célèbre le chant de Noël « Minuit Chrétiens » qui, pendant plus d’un siècle, fut chanté dans toutes les églises de France après avoir été commandé par le curé de Roquemaure (Gard) et créé pour la nuit de Noël 1847.

Tout ceci n’explique pas pourquoi, en 1893, Jean Baptiste Faure était de passage au Paradou et participait à la souscription de l’église, à une époque où la Vallée des Baux n’était pas l’attraction qu’elle est devenue ! La seule explication plausible (mais nous n’en avons pas la preuve) est que Jean Baptiste Faure ait connu dans les milieux artistiques parisiens, Georges Ratyé, lui même artiste et bienfaiteur de notre église à plus d’un titre, qui l’aurait reçu au château d’Escanin. A l’appui de cette thèse, le fait que Jean Baptiste Faure précède immédiatement dans la liste de souscription, Madame Elisabeth Ratyé

Quelle que soit l’explication, on peut considérer que les chefs d’œuvre de l’opéra et ceux des peintres impressionnistes ont indirectement contribué…à hauteur de 50 francs-or, à l’édification de l’église du Paradou !